Le jour où j’ai décidé de quitter ma boîte !

« Créer sa propre boite dans laquelle on aurait toujours aimer travailler … « 

Pascale Jorajuria Effet Miroir

 

Aujourd’hui, c’est le grand jour. J’annonce à mes salariés que je ne serai bientôt plus à leurs côtés tous les jours. J’ai créé Relyance il y a 8 ans. Notre cœur de métier est d’accompagner les entreprises à moderniser leurs pratiques de travail, tout en renforçant  la qualité des relations professionnelles. C’est un métier mobilisant, au service des individus et des collectifs, qui nécessite une bonne dose d’alignement avec nous-même !

C’est la raison pour laquelle, j’ai à cœur de prendre soin, du mieux que je pouvais, des personnes avec lesquelles je travaille. C’est ainsi, par exemple, qu’en 2017, nous avons lancé un grand cycle d’innovation, où nous avons repensé toutes nos offres, nos façons de travailler et notre qualité de vie en interne. Nous avions beaucoup réfléchi aux nouvelles formes de gouvernance et de travail : holacratie, sociocratie, entreprise libérée…

Nous avons finalement opté pour la « Relyancecratie » : une organisation sur-mesure, dans laquelle les décisions sont partagées (participation des salariés au recrutement de leurs collègues, participation à la politique de rémunération…). A l’époque, j’avais voulu créer une entreprise dans laquelle j’aurai moi-même rêvé de travailler. Une entreprise qui puisse permettre à chacun de réaliser son épanouissement personnel et professionnel. Et ça, chez Relyance, tout le monde l’a bien compris ! Tout le monde, vraiment ? L’équipe s’est bien emparée du sujet en prenant l’initiative de demander ce dont ils avaient besoin. Le sujet du bien-être des salariés est aujourd’hui une évidence, bien que pas toujours une réalité encore dans les entreprise. Mais le bien-être des dirigeants, on en parle ?

J’ai souvent eu l’impression de me noyer dans un demi-verre d’eau, en me disant, « oh ça va, tu ne gères pas une multinationale non plus ! ». Et pourtant… Là, où les dirigeants des grandes entreprises ont un DAF, un DRH, un service informatique par exemple pour les aider, les dirigeants de TPE ont tout en direct, auquel s’ajoute la réalisation des prestations chez les clients.

Alors oui, je suis arrivée à saturation. Pas un burn-out, pas un décrochage, juste une saturation. Et c’est comme ça que je l’ai expliqué à mes équipes « si vous mangez du gâteau au chocolat, matin, midi et soir et encore au goûter et le samedi et le dimanche, au bout d’un moment, le gâteau au chocolat, y’en a marre ».

Ils l’ont tous parfaitement compris. Là où je m’attendais à une levée de boucliers, ils m’ont encouragée à partir. Là où je culpabilisais de leur imposer ça, ils m’ont témoigné une grande affection. Alors c’est décidé, au 01 janvier 2020, je pars 6 mois avec mon sac à dos m’aérer l’esprit. Je crois beaucoup au pouvoir de la marche sur les routes du monde, parce que le vide appelle le plein.

Il me reste donc quelques semaines pour « transitionner », penser à tout. Mais je n’abandonne pas le navire pour autant : 2 demi-journées par semaine, j’expérimenterai le travail nomade en visio, pour rester aux côtés de l’équipe et répondre aux besoins de « dégrippage » de situations qui se présenteraient. De toute façon, pas de stress, nous nous sommes bien mis d’accord : « si vous coulez la boîte, ma foi, tant pis, on en remontera une ! ». Libérés des enjeux, j’ai la certitude que chacun fera de son mieux. L’expérience m’a montré qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la confiance placée en une équipe. C’est sûr, quand je reviendrai, rien ne sera comme avant. Et je compte bien vivre cette nouvelle aventure à fond !

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